Projet de ferme Bio-Climatique
Préambule [08/03/08]
Les pages qui suivent reflètent le travail que je réalise actuellement pour ma
formation de responsable d'exploitation
agricole [BPREA - Polycultures/Élevages], dans le cadre de ma
reconversion professionnelle. Étant donné les difficultés que je rencontre pour obtenir
une vision générale de l'agriculture (il vaut mieux être tombé dedans quand on était
petit !), je pense que ces quelques pages pourront aider ceux qui voudront suivre
le même chemin que nous...
[Un dossier plus
général, publié sur VieRurale.com, reprend
certaines données chiffrées de ce projet pour illustrer les réflexions que doivent
avoir ceux souhaitent envisager de
Devenir fermier.]
Prologue
[
03/08/08 - 26/03/08 ]
Je me nomme Thierry Meyer, et je suis né en 1963 à Chalon sur Saône (Saône et
Loire - Bourgogne). Benjamin tardif, j'ai obligé ma famille à quitter la petite
épicerie du village maternel natal (Varennes le grand - 71) pour venir habiter
dans un petit immeuble en périphérie de la grande ville locale (Chalon sur Saône
- 71). Je suis donc un pur produit de la ville et de la civilisation de consommation
(à l'époque, vivre en immeuble correspondait au summum du confort ouvrier : salle
d'eau et toilettes avec eau courante, ainsi que chauffage centrale collectif).

Les idéaux n'ayant pas la réputation de nourrir une famille, j'ai cherché à connaître
les limites que je devais me fixer pour rendre notre projet le plus viable possible.
Mes premières recherches se sont donc tournées vers nos moyens de financement, la
zone géographique dans laquelle nous devions rechercher notre future exploitation
et les productions que nous pourrions mettre en place.

Systèmes envisagés
[
05/03/08 - 03/05/08 ]
Depuis que la France a entrepris sa révolutions agricole (1950), le travail de
l'agriculteur s'est spécialisé pour une recherche permanente de productivité et de
rendement, ce qui a entraîné une augmentation de la surface des exploitations et,
par conséquent, une diminution du nombre de celles-ci.
[Le nombre d'exploitations agricoles est passé de 1,6 million
en 1970 à moins de 600 000 en 2003. La surface moyenne atteint 70 hectares en 2003, contre 42 hectares en 1988.
Lire agriculture.gouv.fr]
À l'heure actuelle, la personne qui souhaite s'installer comme exploitant
agricole est confrontée au choix suivant :
- soit elle se concentre sur sa production, ce qui est la tendance
actuelle, et elle devra donc se plier aux contraintes d'un marché agro-alimentaire
industriel dont le modèle économique repose sur une consommation de masse,
- soit elle intègre dans sa démarche la notion de vente directe au consommateur,
afin d'obtenir une rémunération suffisante pour mettre en place une agriculture
respectueuse de son environnement et de sa production, tout en sachant que cette
approche nécessite temps et polyvalence.
[D'après la dernière étude réalisée par l'Agreste
en 2000, plus de 77% des exploitations ne produisaient que de "la matière première",
la diversification - qui regroupe le tourisme et l'artisanat, la vente directe et/ou
la transformation, et le travail à façon - n'étant plus présente que dans une ferme
sur quatre.]
Pour ma part, j'ai fait le second choix pour pouvoir construire un système
d'exploitation qui respecte le cycle biologique de la chaîne alimentaire, ce qui
signifie que les apports de fertilisant doivent provenir de la ferme et que les productions
de celle-ci doivent pouvoir être labellisées Bio.
Productions fermières
[
05/03/08 - 03/05/08 ]
Être producteur fermier, c'est maîtriser aussi bien la production agricole, la
transformation que le domaine commercial. Réussir dans les 2 premières activités
ne servant à rien si l'on échoue dans la troisième, l'exploitant doit commencer par
faire le point sur ce qu'il souhaite vendre, et comment.
Il faut donc commencer par étudier les attentes des consommateurs, les réseaux
de distributions et les productions envisageables. Ensuite, un aperçu de la législation
qui accompagnent la vente directe et la transformation permettra de connaître les
contraintes techniques et financières qu'il nous faudra respecter.
Pour finir, il faudra examiner une à une les filières que l'on souhaite développer...
Pour commencer à explorer la vente directe, le plus simple consiste à regarder
ce qui se fait déjà dans le monde agricole. D'après le graphique ci-dessous, tiré
du dernier recensement agricole réalisé par l'Agreste,
on voit immédiatement que la vente directe est courante en maraîchage (je laisse
de côté l'horticulture, la production de plantes ornementales n'entrant pas dans
mes projets) et souvent présente pour les cultures pérennes (vergers, petits fruits).
S'il est effectivement plus facile de vendre des fruits et légumes non transformés, on
remarquera que la vente directe n'est pas exclue des autres productions, surtout
lorsque celles-ci sont mixtes.

Maraîchage
[
03/11/09 - 30/03/08 ]
Le maraîchage est la culture de légumes, et de certains fruits, à usage alimentaire de manière intensive et
professionnelle. Alors que la culture de plantes alimentaires en potager concerne plutôt l'autoconsommation,
le maraîchage concerne la culture pour la vente à la consommation.

Petit élevage (volaille, lapin)
[Bâtiments d'élevage en plein air : http://www.pleinairconcept.fr]
Ferme pédagogique / Gîte
Productions végétales
Assolement
Foncier
Matériel
Bâtiment
Productions animales [26/03/08 - 03/04/08]
Animaux
[Office de l'élevage]
À l'évidence, ajouter une dimension pastorale à son exploitation agricole
ne peut que rendre l'entreprise un petit peu plus complexe puisque cela alourdit
le montant des investissements, augmente la charge de travail et les risques sanitaires.
Cependant, pour pouvoir fertiliser les cultures végétales sans recourir à des
engrais extérieurs, il est nécessaire de pouvoir produire son propre fumier, d'où
l'obligation d'élever des animaux. Ce postulat étant posé, il faut maintenant déterminer
si l'on veut produire du lait ou de la viande, choisir entre les espèces possibles (bovine,
ovines, etc) et enfin calculer le nombre d'individus nécessaires à l'équilibre
de la ferme.
Mais avant d'aller plus loin, il important de faire un point sur les particularités
du métier d'éleveur. En effet, certains ne voient dans cette activité qu'une
occasion d'assouvir leur amour des animaux, et en oublient certaines contraintes...
La première est celle du temps. Contrairement aux cultures, les bêtes nécessitent
une attention et une présence permanente, celles-ci ayant la fâcheuse tendance à
mettre bas la nuit, à quitter leur enclos à la belle saison et à manger tous les
jours de l'hiver où elles sont à l'étable. Et si vous avez décidé de produire du
lait, vous aurez le plaisir de vous occuper d'elles 2 fois par jour pendant toute
l'année.
La seconde est celle de l'argent. Un cheptel représente une forte somme d'argent immobilisée,
que l'on ne peut donc plus utiliser en trésorerie. Qui plus est, comme pour
tout ce qui est vivant, il y a des risques de pertes qui peuvent s'avérer dramatiques
en cas d'épidémies.
Lait ou viande ?
Comme nous l'avons vu quelques lignes plus haut, la production de lait est le
summum de l'astreinte. Quotidiennement, 2 fois par jour (au petit matin et le soir),
7 jours sur 7, il faut traire les animaux et nettoyer le matériel. Au niveau de la viande (on parle de vache ou de brebis allaitantes, dans le sens
où elles allaitent leurs petits), la charge de travail peut être beaucoup moindre,
surtout si l'élevage n'est pas hors sol (autrement dit, si les animaux sont en prairies
tant qu'il y a de l'herbe). Du coup, les travaux sont assez important l'hiver
(nourriture quotidienne, mises bas) mais moins à la belle saison où les animaux sont
aux prés (en pâturage
tournant, il faut déplacer les animaux tous les 5 jours).
Si l'on n'est pas rebutter par le travail, le lait présente des avantages
économiques indéniables. Le plus important concerne la périodicité des revenus.
En effet, contrairement aux productions annuelles, comme la viande ou les céréales,
pour lesquelles le gros des ventes ne s'effectue qu'une fois par an, les laiteries
paient mensuellement. Et pour quelqu'un habitué à recevoir un salaire, cela peut
être rassurant !
Dans une démarche de vente directe, le lait se prête aussi plus facilement à la
transformation (pour la viande, à part pour les lapins et la volailles, il faut absolument
passer par un abattoir, ce qui n'est pas très courant dans certaines régions), ce
qui permet une bien meilleur valorisation de sa production. Certainement un des rares
moyens de compenser les économies d'échelles qui ne peuvent pas être réalisées sur
une petite exploitation.
Quelle espèce ?
Avant de chercher à choisir une espèce, il reste une dernière question à se poser
: voulons-nous être "naisseur" ou "engraisseur" ?
Dans le jargon agricole, un "naisseur" possède des animaux qu'il fait
se reproduire (naturellement ou artificiellement), ce qui l'oblige à gérer la naissance
(avec toutes les contraintes et les risques que cela entraîne), alors qu'un "engraisseur"
se contente d'acheter de jeunes animaux pour les nourrir et les amener à maturité.
Évidemment, la majorité sont naisseur-engraisseur, mais la différence est importante
puisque le premier privilégiera les femelles et devra prévoir de les abriter l'hiver,
alors que le second raisonnera sur des mâles (ils font plus de viande) qu'il ne conservera
pas forcément à la mauvaise saison.
[je rappelle pour les plus distraits que les animaux qui donnent
du lait doivent forcément avoir un petit tout les ans !]
Dans notre cas, nous allons naturellement nous orienter vers les femelles et si
nous mettons de côté les "petites" espèces, qui sont détaillées dans la
partie Petits élevages, il nous reste les choix suivant :
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Alimentation
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Surface (foncier / bâti)
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Prix (femelle / mâle)
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Bovin (vache)
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Herbivore
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650 € / 2000 €
[lot : 30+1 = 21500 €]
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Ovin (brebis)
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Herbivore
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100 € / 450 €
[lot : 40+1 = 4450 €]
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Caprin (chêvre)
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Herbivore
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Porcin (truie)
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Omnivore
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[ À détailler : raisonnement économique (prix d'achat, aides, consommation, prix de vente,
voir prix trailleuse et labo). PV agneau 4,5€/kg pour un PC de 10kg, PV veau (7 mois) 5€/kg
pour un PC de 125kg]
À ce stade, nous n'avons toujours pas choisi entre un système allaitant et un
système laitier, mais nous allons commencer à raisonner sur la viande car elle est
commune à toutes les filières.
Dans la filière bovine, la plus compliquée, on trouve 3 marchés de vente :
- Le premier concerne les veaux (animaux de moins de 6 mois qui n'ont pas encore
commencé à brouter) qui proviennent à part quasi égales des vaches allaitantes et
des vaches à lait (celles-ci doivent vêler régulièrement, environ tous les 400
jours, pour continuer à produire du lait). Si l'on enlève les 20% d'animaux conservés
(ou achetés) par les éleveurs pour renouveler leurs troupeaux, les veaux des
races à lait vont principalement à la boucherie, alors que ceux des races à viandes
sont conservés pour l'engraissement.
- Au delà de 6 mois, les animaux peuvent passer à l'herbe. Ceux qui seront
nourris quasiment exclusivement avec celle-ci entre dans la filière "maigre",
dans le sens où les bêtes devront être engraissées avant l'abattage. Jusqu'à
24 mois, on parle de "broutards", puis de "taurillons". Les
éleveurs de maigres vendent alors à des engraisseurs qui passent à des aliments
concentrés plus riches en protéines.
- Le dernier marché est constitué par les animaux "gras", soient
des femelles (génisses ou vaches), soient des mâles castrés (boeufs) à 24 mois
et abattus entre 34 et 40 mois.
En fonction de l'âge, du poids et de la conformité des animaux, les prix vont
de 625€ pour un veau de 125kg à 1400€ pour une vache finie (les broutards vont de
850 à 950€).
Bien que ces quelques chiffres ne le laisse pas forcément voir, la filière de
vente classique est extrêmement dépendante du marché. Autrement dit, les cours fluctuent
en fonction des cours mondiaux et des imports d'Amérique latine (Argentine, Brésil,
Uruguay)
Bovin
Les produits réalisables par la vente de bovins sont particulièrement difficile
à estimer car les prix dépendent de la "finition" de l'animal :
veau : 625€ (125kg de carcasse à 5€/kg)
broutard : 849
broutard : 10m : 907
broutarde repoussée : 667
génisse 30m finie : 1184, 1410
génisse 36m finies : 1390
vache maigre : 1050
vache finie : 1140, 1330
En attendant d'avoir le temps de faire un comparaison économique, il faut savoir
que le porc est particulier (pas de primes ma
Foncier
Il est faux de croire que les terres nécessaires au pâturage des animaux (les
prairies) n'ont pas à avoir un potentiel agronomique aussi élevé que celles recevant
des cultures (les champs). En fait, comme il faut inclure les prairies dans la rotation
des cultures, chaque parcelle passera régulièrement du status de champ à celui de
prairie (on parle alors de prairie temporaire). Malheureusement, certaines "mauvaises"
terres (trop humides, trop caillouteuses ou trop pentues) ne seront pas cultivables
et deviendront des prairies permanentes, seul moyen de les valoriser quelque peu.
Agronomie
Terres porteuses pour les moutons.
Méthode d'assimilation de l'herbe par les animaux (dents ou langue)
Prix / Surface
1 500€/ha pour une terre cultivable mais isolée, 8 000€/ha pour une terre péri-urbaine.
100 €/ha en fermage.
6 brebis/ha, soit 7 ha/lot (40 brebis+1 bélier)
Clôture
Dans un système pastoral, la clôture est l'un des éléments du gardiennage et de
la bonne gestion fourragère.
3 types de clôture possible :
- barbelé [4 rangs, piquet châtaignier tous les 7 mètres : 0,84€HT/ml],
En
régression, mais peut être nécessaire pour des parcellaires très découpés qui
nécessiteraient de nombreuses batteries.
- fils électriques peu tendus [2 rangs diam 1,6 piquets fibre tous les 15 mètres
: 0,34€HT/ml*],
Facile à poser et bonne longévité (attention au vol).
Peu s'avérer insuffisant pour certains animaux.
- fils électriques fortement tendu [2 rangs diam 2,5 piquets châtaignier tous
les 15 mètres : 0,40€HT/ml*].
Facile à poser et bonne longévité, mais
doit être tendu (dans la pratique, il y a souvent 5 fils).
* : prix sans électrificateur, cable de raccord, porte et petits matériaux.
Piquets : pieux de 2 mètres à 2,65€HT pour de l'acacia et 1,45€HT pour du châtaignier.
Cultures
Foin, maïs ensilage, céréales, tourteaux oléagineux, racines ?
Matériel
Bâtiment